04.14
Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire…
… et la pub ne déroge pas à la règle.
Vous avez certainement entendu et prêté sourire aux élucubrations de BK et de CP, les deux compères qui égaient nos trajets en voiture sur les ondes radio aux heures de pointe.
Mascottes de la banque portant le même nom, BK et CP se gaussent de situations loufoques et portent un commentaire « décalé » et empreint de bon sens sur les différentes situations dont ils traitent.
On se souvient des vagues successives au travers desquelles la femme de BK envoie un SMS à CP pour le prévenir qu’elle vient de lui envoyer un mail suite à son coup de fil, du sel qui bouche les artères (corps) et qui débouche les artères (chaussées), du changement d’heure qui pourrait se faire à midi afin de pouvoir déjeuner deux fois ou encore de la foire du midi constituant l’endroit par excellence qui conjugue les plaisirs de la mer et de la montagne…
Nos deux amis auraient-ils poussé le bouchon trop loin en trouvant matière à rire dans les écarts récurrents en matière de ponctualité sur le réseau ferroviaire belge ?
C’est ce que l’on doit penser chez Polygone, l’agence en charge de la publicité pour la banque.
En effet, la SNCB vient de signifier, par l’entremise de son cabinet d’avocats, que la campagne radio mettant en scène l’opération escargots demandée par le SIC en mars dernier constituait incontestablement une publicité dénigrante et trompeuse, interdite entre autres par la loi sur les pratiques de commerce et sur l’information et la protection du consommateur, ainsi qu’un acte contraire aux usages honnêtes en matière commerciale. Et qu’à ce titre, la SNCB exige que cette campagne soit retirée des ondes immédiatement et que BKCP s’engage à ne plus diffuser ce spot, ni d’autres spots similaires, sur quelque support que ce soit.
« Nous basant sur la véracité des retards récurrents et leur notoriété sur la scène des usagers du rail, nous avons uniquement voulu profiter d’un jeu de mot (dis, BK, t’as pas du beurre à l’ail) pour appuyer le « bon sens made in Belgium » inhérent à l’institution bancaire », souligne Stéphane Opdenbosch, Directeur Créatif de Polygone. Nous sommes étonnés que le second degré propre à toutes les campagnes BKCP n’ait pas été compris par l’opérateur ferroviaire belge. Nous ne comprenons pas sa réaction puisqu’il est le premier à reconnaître cet état de faits (retards récurrents) en mettant en ligne railtime.be, un site dédié à la mesure en temps réel des retards des trains sur le réseau belge afin d’aider les consommateurs à utiliser au mieux le service. Rappelons qu’un employé, s’il arrive en retard de façon régulière à son travail, peut se voir signifier son licenciement pour faute grave, ajoute-t-on chez Polygone.
La SNCB n’a-t-elle pas d’autres priorités que de se soucier de son image (déjà bien écornée) lorsque celle-ci prête à un humour second degré?
Lire également les articles de presse parus sur le sujet.
No Comment.
Add Your Comment